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Pied du diabétique : les bons réflexes de suivi

6 min de lecture
Examen podologique d'un pied diabétique en cabinet

Le pied diabétique reste l'une des complications les plus redoutées du diabète : on estime qu'un patient diabétique sur quatre développera une plaie du pied au cours de sa vie, et qu'une amputation liée au diabète survient toutes les vingt secondes dans le monde. Pourtant, la grande majorité de ces complications sont évitables grâce à un dépistage précoce et un suivi podologique structuré.

Pour le pédicure-podologue, l'enjeu est double : identifier tôt les patients à risque grâce à une gradation rigoureuse, et assurer une traçabilité irréprochable du suivi dans le temps. Voici les réflexes essentiels à systématiser en cabinet.

La gradation du risque, socle du suivi

La classification internationale gradue le risque podologique de 0 à 3. Elle conditionne à la fois la fréquence de suivi recommandée et la prise en charge par l'Assurance Maladie des séances de prévention.

  • Grade 0 : absence de neuropathie sensitive — examen annuel de dépistage.
  • Grade 1 : neuropathie sensitive isolée — bilan et surveillance au moins une fois par an.
  • Grade 2 : neuropathie associée à une artériopathie ou une déformation du pied — suivi renforcé, séances de prévention prises en charge.
  • Grade 3 : antécédent d'ulcération ou d'amputation — suivi rapproché et coordination étroite avec l'équipe de diabétologie.

Monofilament, IPS, pouls : le trio de l'examen

Le test au monofilament de 10 g reste l'examen de référence pour dépister la neuropathie sensitive. Appliqué sur des zones plantaires codifiées (pulpe du gros orteil, têtes métatarsiennes), il doit être réalisé dans le calme, en évitant les zones hyperkératosiques qui faussent la perception.

L'évaluation vasculaire complète l'examen neurologique : palpation des pouls pédieux et tibiaux postérieurs, et mesure de l'IPS (index de pression systolique) lorsque l'artériopathie est suspectée. Un IPS inférieur à 0,9 oriente vers une artériopathie oblitérante des membres inférieurs et justifie un avis vasculaire.

L'inspection cutanée et morphologique termine le bilan : hyperkératoses, fissures, mycoses, déformations (hallux valgus, orteils en griffe), points d'hyperappui — autant de portes d'entrée potentielles pour une plaie.

Éduquer le patient : l'auto-examen quotidien

Le meilleur suivi en cabinet ne remplace pas la vigilance quotidienne du patient. L'éducation thérapeutique fait partie intégrante de la consultation : inspection quotidienne des pieds (au besoin avec un miroir), séchage soigneux entre les orteils, chaussage adapté vérifié de la main avant l'enfilage, et consultation rapide au moindre signe d'alerte (rougeur, ampoule, plaie qui ne cicatrise pas).

Remettre au patient une fiche de conseils personnalisée, adaptée à son grade de risque, augmente sensiblement l'observance de ces gestes simples.

Tracer chaque bilan pour objectiver l'évolution

Le suivi du pied diabétique s'inscrit dans la durée : c'est la comparaison des bilans successifs qui révèle une dégradation débutante — perte progressive de sensibilité, baisse de l'IPS, apparition d'une déformation. Un bilan normé, daté et rattaché au dossier patient est donc indispensable.

C'est précisément ce que propose MediCare Pro : un bilan du pied diabétique de plus de 45 champs guidés, avec calcul automatique du grade de risque, recommandations générées et comparaison d'une consultation à l'autre. Le podologue se concentre sur l'examen clinique, l'application s'occupe du score et de la traçabilité.

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